Jeudi 10 janvier 2008

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Etrivière :  Courroie fixée de chaque côté de la selle et à laquelle est suspendu l'étrier.




Ve
rgogne : Pudeur, retenue, modestie.  http://www.cnrtl.fr/lexicographie/vergogne           

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Falot :
Terne. Qu'on ne remarque pas. Grande lanterne. Farceur, moqueur.




                   
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Espalier
: Mur (généralement muni d'un treillage) contre lequel sont plantés en rangés des arbres fruitiers. Aussi : Appareil de gym. formé d'une échelle fixée à un mur




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Airelle :  Myrtille. Baie comestible légèrement acide. Airelle des marais, airelle rouge.        





Aiguail :  Subst. Masc. Mot ancien : Rosée .  http://www.cnrtl.fr/lexicographie/aiguail               

Aiguade :    Lieu de mouillage des navires où ils se ravitaillaient en eau douce.               
Etiage :   Niveau annuel moyen des basses eaux d'un cours d'eau, à partir duquel on mesure les crues. Débit le plus faible. Niveau, degré le plus bas de quelque chose. http://www.cnrtl.fr/lexicographie/etiage               

Aporie : Question logiquement insoluble, ou paraissant telle.
Contradiction insoluble dans un raisonnement"    http://www.cnrtl.fr/lexicographie/aporie               

Anamorphose :   
Déformation, transformation géométrique d'une figure suivant certaines règles. Déformations étranges d'images. Déformation dans le sens du bizarre.
www.cnrtl.fr/lexicographie/anamorphose

Palimpseste : Manuscrit dont on a gratté ou effacé l'écriture pour écrire autre chose sur le parchemin. Mécanisme psychologique tel que les faits nouvellement mémorisés se substituent à ceux qui leur préexistaient dans la mémoire. http://www.cnrtl.fr/lexicographie/palimpseste               
                   
Vestale : Prêtresses de Vesta. Chez les Romains les vestales devaient rester vierges durant 30 ans et entrenir le feu sacré dans le temple de la déesse.               
http://www.cnrtl.fr/lexicographie/vestale               

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Catafalque :  Construction en estrade dressée au milieu d'un lieu de culte ou de la maison mortuaire, pour recevoir le cercueil pendant la cérémonie funèbre ou symboliser celui-ci pendant une cérémonie commémorative.               
                   
               
Rédimer : Verbe transitif; Se racheter, se libérer moyennant une somme d'argent.  
www.cnrtl.fr/lexicographie/rédimer    

Aubier : Partie tendre du bois (gén. de chêne), blanchâtre, qui se forme chaque année sous l'écorce autour du cœur de l'arbre. http://www.cnrtl.fr/lexicographie/aubier           

Guéer : Passer à gué un cours d'eau. Guéable : Que l'on peut passer à gué. www.cnrtl.fr/lexicographie/guéer              
 
Chenu : Qui a les cheveux blanchissants ou blancs de vieillesse. Qui est marqué par l'âge, vieux.   www.cnrtl.fr/lexicographie/chenu            

Inanité : Caractère de ce qui est vide, sans réalité, sans intérêt.
Inutile, futile et vain. www.cnrtl.fr/lexicographie/inanité
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Cormier : Sorbier, particulièrement le sorbier domestique, peu connu dans certaines régions de France, de la famille des Rosacées, de taille moyenne (5 à 10 m), à bois brun rougeâtre, très dur, et à fruits comestibles (cf. corme) .






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Pivoine :  Plante bulbeuse vivace, de la famille des Renonculacées, qui fleurit en mai et juin, à grandes fleurs rouges, roses, blanches ou panachées, odorantes ou non.      




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Eglantier : Rosier sauvage en arbrisseau buissonnant, aux tiges couvertes d'épines larges et recourbées, aux feuilles dentées, vertes, aux fleurs d'un rose pâle ou blanches, aux fruits oblongs, d'un rouge vif, renfermant des semences enveloppées de poils.




Bâter : Verbe transitif. [En parlant d'une bête de somme] Mettre un bât*. Bâter un cheval, un mulet, un âne. * Dispositif que l'on attache sur le dos de certains animaux pour leur faire porter une charge. Un bât de mulet; cheval. www.cnrtl.fr/lexicographie/bâter            
                   
                   
                   

Faix : 1. Réunion d'éléments identiques (liés ensemble dans le sens de la longueur). Faix de bois. 2. Ce qui constitue une charge, une contrainte morale qui pèse lourdement sur celui qui la subit. Faix de fatigue. 3. Charge, corps pesant; ce que porte ou soutient avec effort, difficulté, une personne, un animal, une partie d'une construction. Plier, succomber sous le faix; colonnes qui portent un faix prodigieux... www.cnrtl.fr/lexicographie/faix          
  
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Chanterelle : Première corde, la plus fine et la plus aiguë dans un instrument à manche. Insister vivement sur un point sensible ou important pour convaincre quelqu'un. Champignon.              
                   
                  


Faner :
Retourner (un fourrage fauché) en l'étalant pour le faire sécher. Faire les foins, faire la fenaison. www.cnrtl.fr/lexicographie/faner           
                   
                   
                   

Paturon : Partie de la jambe du cheval située entre le boulet et la couronne et correspondant à la première phalange.   paturon.jpg            
                   
                   
                

Fayard    Hêtre. Mot utilisé notamment dans le Massif central, le Lyonnais, la Savoie. www.cnrtl.fr/lexicographie/fayard              

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Lérot
: Petit mammifère rongeur frugivore qui ressemble au loir.
                 
                   
                  



Emblaver :
Ensemencer en blé.  www.cnrtl.fr/lexicographie/Emblav%C3%A9s              
                  

Fumure : Amendement du sol par un apport de fumier ou d'engrais; p. méton. fumier ou engrais apporté à une terre. Fumure minérale, organique; fumure de fond, d'entretien; fumure en couverture, par enfouissage. www.cnrtl.fr/lexicographie/fumure                


Estive :
Pâturage de haute montagne dans les Pyrénées. Séjour dans ces pâturages. www.cnrtl.fr/lexicographie/estive


Fondrière :
Endroit d'un terrain (de niveau plus bas que les terrains environnants) qui, souvent envahi par l'eau, est généralement marécageux. Trou bourbeux. www.cnrtl.fr/lexicographie/fondriere
                  

Enrésiner :
Reboiser en introduisant des essences résineuses dans (une plantation, un taillis).  www.cnrtl.fr/lexicographie/enr%C3%A9siner              

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Renoncule : Plante type de la famille des Renonculacées, caractérisée par des racines en griffes, des feuilles très découpées, une corolle jaune ou blanche, et représentée dans l'hémisphère nord par de nombreuses variétés terrestres ou aquatiques, souvent toxiques, parfois utilisées comme plantes médicinales ou ornementales.                    
                  


Aphorisme :
Proposition concise formulant une vérité pratique couramment reçue.  http://www.cnrtl.fr/lexicographie/aphorisme               

                   
Dartre : Maladie de la peau qui se manifeste par des rougeurs et des démangeaisons.                
par Irvin publié dans : Mots hasardeux
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Mercredi 9 janvier 2008
« Arès, mon amant, mon frère valeureux, cesse cette guerre futile où l’humanité a déjà rédimé de ses morts ! »,
« Douce Aphrodite, je leur déploie un ciel d’airain et un avenir aussi obscur que les abysses peuplés de Poséidon. Mets-toi à l’écart, n’entache pas ta pureté du sang à venir des humains »,
« Qu’ont-ils fait qui ne mérite notre indulgence et qui provoque ton terrible courroux ? »,
« Les hommes... leur insouciance a tué les Dieux. Tu m’as connu immortel, j’étais autant craint que notre père, et à présent, mes épaules ploient seulement sous le voile léger de leur indifférence. En même temps que nos existences rétrécissent sûrement, les libations ont disparu et les Panthéons s’effondrent dans l’oubli. Observe le miroitement des Cyclades sur lequel ils se penchent, vois les ruelles blanches de nos villes qu’ils parcourent, dis-moi où trouver l’esprit d’Héra dans leurs yeux ? Craignent-ils le trident de ton oncle fouillant notre mer bleue ? Pensent-ils aux plaisirs sensuels et redevables dont tu égayes leurs jeux amoureux ? »,
« Mon bel amour, ils m’ont abandonnée sur les rives du Styx pour l’éternité et ma peine s’égoutte lentement dans ce fleuve glacé. Il faut se résigner, notre souvenir est bien fané par ces autres Dieux nouveaux nés »,
« Aphrodite, ma fidèle amie, qui sont ces Dieux dont tu parles et qui te font pleurer ? De Zeus, des fils cachés ? »,
« Non, ils sont apparus bien après la gloire de Père »,
« Qu’ont-ils de plus que nous ? Dis-moi où ils se cachent qu’avec eux, je livre une guerre ! »,
« Ils vivent dans le cœur de certains humains, ils sont inaccessibles car comme nous, ils sont l’effet du vent et du soleil qui irise le vieil Océan. Sauf un, c’est un de leur fils je crois qui est constitué de chair et de sang... Un livre précieux à leurs yeux relate son histoire. »,
«  Alors, même Homère, notre fidèle conteur a été remplacé. Où peut-on trouver ce fils aimé en chair et si précieux ? »,
« Appelons Hermès, il doit bien y avoir quelqu'un quelque part qui sait ça ».

par Irvin publié dans : Ecris
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Mardi 8 janvier 2008
Cool, c'est la grande aventure, en phase de familiarisation avec le monde du blog, je viens de m'inscrire avec surprise à un challenge. Décision trop hâtive sous le joug d'une excitation passagère ? Je ne sais point, le principe est de lire cinq livres imposés sans trop de pression puisqu'une année pleine, entière, intégrale est consacrée à ces plaisirs livresques. Enfin, après la lecture, le challenge consiste à publier un billet sur son blog concernant chacun des cinq livres. Il y a un cadeau à la clé, enfin je crois.... pour le meilleur article.

Voici le lieu du crime : happyfew.hautetfort.com/archive/2008/01/05/challenge-quand-tu-nous-tiens.html

et la liste des livres :

- La chartreuse de Parme de Stendhal.
- Orgueil et Préjugés de Jane Austen.
- De grandes espérances de Charles Dickens.
- Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig.
- Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell.


Merveilleux n'est-ce pas ?
Stendhal, Dickens (Brrrrr), et autres
Mitchell... la rentrée littéraire 2008 en somme.
par Irvin publié dans : Littérature
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Mardi 1 janvier 2008
L’espace de nos ébats épisodiques se résumait en une chambre claire et plutôt petite qui était située en hauteur et donnait ainsi sur les cimes de la ville. Nous avions vue sur les renvers, brisures, chatières, arêtières, pignons, faîtes et autres pentes de toits en ardoise sur lesquels planaient, presque immobiles, des goélands argentés pleureurs et cabochards. Ces planeurs filiformes et aériens le matin se transformaient en éboueurs ventrus et terriens au crépuscule. Comme entraînés par leur joie, nous enrichissions parfois le bruit ambiant du grincement métallique et métronomique du sommier, ou encore c’était la bruine mutine qui diffusée en gouttelettes frappait discrètement aux carreaux, ou un peu des deux à la fois. En temps de pluie, la lumière se transformait autour de nous en un gris métallique, étale et sans ombre. Alors nous marquions une pause et nous nous levions pour admirer la source de cette étrange nébulosité. Nous appuyions nos têtes contre le verre de la fenêtre embuée par notre souffle, et nous remarquions tous les deux, comme des enfants auraient pu le faire, la délicate lumière diffractée par l’air marin embrumé.    
Quelquefois nous sortions de l’hôtel. Linda la première en général, soit pour prendre l’air comme elle disait, soit pour une quelconque course, jalousement gardée secrète par les rues désertées de l’hiver. Souvent, je la rejoignais sur la grève bordée d’une barre d’immeuble, elle observait la nappe d’huile plombée d’un ciel si gris et j’assistais à ce formidable combat de ses mains s’emmêlant dans ses mèches brunes qui se séparaient librement. Un ensemble formait un demi casque noir plaqué sur son visage tandis que l’autre moitié se tendait et se décomposait en fins filaments autonomes. Dans son cou, sa peau frémissait, son imperméable s’agitait frénétiquement sur ses talons, elle se tournait lentement vers moi dans le tumulte du vent et je pris conscience cette fois-ci, que pour nous seuls, elle et moi, face à l’étendue de l’océan, je serais à jamais l’homme qui marche, elle sera à jamais celle qui m’attend.
par Irvin publié dans : Ecris
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Vendredi 28 décembre 2007

Depuis l’intérieur du café mon regard appréhende les ombres enfouies sous les porches encore ruisselants. La foule zèbre la flaque miroitante d’un trottoir et c’est Paris transfigurée que je retrouve au sortir des bureaux. Dans le bar, à la frénésie du comptoir en journée succède une période de transition plus calme, une heure charnière où les clients désertent peu à peu le lieu pour rejoindre leur foyer. Alors les serveurs débarrassent les tables sur lesquelles les cuillères virevoltent dans le tintement des tasses empilées, les plateaux en péril s’agitent sous leur monticule de porcelaine, les barmen ont quatre bras et quatre jambes, ils glissent, dérapent, déplacent les chaises, passent le balai, passent le chiffon, passent une commande, salut l’entrant, hèlent le sortant, ruminent, fulminent, dominent, le tout sans respirer, pendant que mon imagination s’envolute autour des vapeurs s’échappant des bouches du métro.


Pierre m’a donné rendez-vous comme tous les soirs dans ce lieu impersonnel. Il arrive vers dix-huit heures, s’assied en face de moi en souriant puis me demande comment je vais. Plutôt bien en général. Il commande alors un chocolat et souvent les lampes du café s’illuminent avant qu’il ne soit servi. En l’attendant mon esprit participe à la tombée de la nuit et dérive comme les lumières des véhicules griffant la baie vitrée. L’infini Paris m’enveloppe peu à peu, et au loin après la banlieue, la campagne accroche mes rêves dans ses combes. Toujours plus loin, je parcours les villes de province avant de rebondir dans un autre pays ou sur un continent inconnu. Bien vite, la vie du café est absorbée ; riche de vide, la clameur ambiante niche un silence idéal où les mots des clients sont proscrits, ceci n’est plus une surprise car ce phénomène se reproduit invariablement tous les soirs.


Dans cette étendue silencieuse et sans limite, Pierre se dessine peu à peu dans la rue devant moi, je devine sa bouche, ses yeux, son nez ses traits émaciés. Et enfin son visage entier déformé par le verre épaissi et comme gagné à l’obscurité qui est descendue du ciel par la coulée de la rue. Décidément, seules les lumières des hommes résistent à la nuit. Pierre me fait un signe de la main presque hésitant, je le distingue, j’interprète son geste et enfin je remonte à la surface compliquée des évènements en respirant à nouveau. Ces yeux m’indiquent une petite laine tombée du dossier et à présent souillée par la poussière du carrelage. Il se trompe, ce n’est pas la mienne, je n’ai jamais porté de lainage, c’était celle de cette femme qui m’observait dans le reflet à l’instant. Sans cet indice cette jeune personne aurait paru absente c’est sûr, d’ailleurs je le dis à Pierre lorsqu’il s’installe à ma table. Il me parle un peu en paraissant douter, puis il détourne son regard quand je lui touche la main afin de le rassurer. Nous nous retrouvons désunis par cette étoffe malencontreuse et lentement, la nuit accouche de ses signes.


par Irvin publié dans : Ecris
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Mardi 18 décembre 2007
Aujourd'hui, un court extrait de Dante que l'on retrouve bien évidemment dans Le Mépris de Jean-Luc Godard mais aussi et à une toute autre époque dans le célèbre tableau de Vincent Van-Gogh La Nuit étoilée.


La nuit étoilée de vincent Van-Gogh
Et déjà la nuit contemplait les étoiles.
Et notre joie se métamorphose vite en pleurs,

jusqu'à ce que la mer se fut refermée sur nous.

Dante




par Irvin publié dans : Peinture communauté : Pensées d'ailleurs
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Lundi 17 décembre 2007

Je rentrais d’une soirée bien agitée. La voiture était garée sur le parking d’un hôtel bon marché de la côte ouest, en face de la chambre que j’avais louée la veille. Il n’y avait rien à craindre, le vaste coffre était bien  fermé. Je fumais une cigarette étendue sur le lit en essayant de me réchauffer. L’obscurité laissait pénétrer les ondes électriques du néon rouge extérieur et j’imaginais le crépitement sec accueillant les noctambules jusqu’au seuil de l’accueil.  Vertes, rouges, bleues, les couleurs festives de Noël s’épanouissaient dans la chambre éteinte et bien souvent illuminaient la fumée aux arabesques complexes. Je me reposais enfin. Le père Noël m’avait prévenu qu’étant devenue chasseuse de tête à son service, ça ne serait pas de tout repos ! Les légendes et les contes racontés et déformés à la guise des compteurs  projettent une réalité altérée chez les gens. Ces secrets involontairement biens gardés m’ont souvent procuré l’avantage de la surprise. Qui aurait pu croire que le fameux Père fouettard était en fait une femme ? En plus, je fume, j’ai un air de junkie paumée et je vagabonde sur les routes poussiéreuses du grand ouest. Insoupçonnable.  Sacré père Noël, je les ai bien eu tes vieux démons, je mérite mon salaire !

La partie la plus difficile était de ne pas les perdre de vue. Partie de Finlande dix-sept jours auparavant, je les ai suivis en Hollande, perdus à l’angle d’une église bretonne, guettés dans une maison de bonne famille espagnole. Ensuite ils ont pris l’avion pour le Canada, dissimulés à travers bagages et fret. J’aurais perdu leur trace sans des témoignages amusants à l’aéroport de Madrid décrivant des nains affinés sautillant jusqu’aux soutes d’un avion en partance pour Las Vegas. En fait Montréal, après enquête auprès des charmants Stewart. D’ailleurs, je prendrais mes prochains jours de congés à Madrid. Bref, je débarque à Mirabel en retard sur nos joyeux drilles. Au point information on m’apprend que Montréal est bloquée par la neige, que le métro a déraillé la veille, que la cause de cet accident est indéterminée mais que des enquêteurs ont dévoilé à la presse le côté surréaliste de l’affaire, que visiblement, d’après les premières investigations, le conducteur du métro a été très perturbé par de petits personnages mutins ; pas des passagers en tout cas mais peut-être des visions liées à une commotion cérébrale. Bref : « Mouvement de panique chez les passagers », « personnages mutins », « affaire surréaliste », « commotion » ; au point information, l’hôtesse énonçait la routine quotidienne de nos coquins ancestraux.

Les deux jours suivants, je me suis infiltrée ingénieusement dans l’équipe chargée de l’enquête, en réalité, j’ai dragué l’inspecteur principal... Et puis une bonne surprise après la débauche. J’attendais l’ inspecteur, confortablement accoudée au bar de l’hôtel un verre de wiski à la main, quand j’appris par une conversation à la volée de clients informés qu’un épisode étrange - pour ne pas dire lutin - avait été enregistré à San Diego. Episode sensiblement identique à l’incident québécois. Ensuite tout fut rapidement bouclé, c’est le cas de le dire ! Je suis arrivée le lendemain et j’ai appris par les médias locaux les déboires des usagers du métro. Après avoir réservé une chambre d’hôtel et dîné copieusement, j’ai profité de la nuit pour visiter les boyaux sinistres du métro. Quel univers opposé aux contes angéliques de Noël !  Entre les héroïnomanes, les clochards alcooliques et les rats gros comme des chats, je découvris tant bien que mal nos petits héros dans un recoin sordide. J’en ai finalement attrapé un qui semblait fatigué et apeuré par l’endroit, esseulé par la fuite de ses amis et bien loin de sa terre patrie enneigée où je devais tous les remettre ligotés à leur Père qui sait si bien les dissuader de leur espièglerie. Voilà comment j’ai abouti dans cette chambre à l’atmosphère saturée de tabac et de remords à la pensée de cet être fragile ligoté dans le coffre. Je me levais de mon lit soucieuse pour souhaiter bonne nuit à mon compagnon. J’ouvris puis referma le coffre sur un écho au vide étouffé par mon cri de soulagement : Mais où est-il donc passé ce sacré lutin !

par Irvin publié dans : Ecris communauté : Pensées d'ailleurs
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Lundi 17 décembre 2007
Un petit poème qui me trotte dans la tête depuis des jours, il fallait que ça sorte :

Que n'ai-je un pinceau
Qui puisse peindre les fleurs du prunier
Avec leur parfum !

Satomura Shoba


Quelle abstraction !
Ne serait-ce pas un Haïku ?
par Irvin publié dans : Littérature
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Dimanche 16 décembre 2007

Nouveau venu parmi les impromptus,
De mon igloo avant la nuit je vous écris,
Car il est des mots qui seront déchus,
Si avant minuit je ne suis pas inscrit.

Aux instructions je me plie,

Lézard grincheux où es-tu ?
Tu ne peux rester plus longtemps reclus,
De tes larmes violettes je me suis saisi,
De France, avant minuit pour t'écrire ce petit pli.

Lézard grincheux que veux-tu ?
Avec des lettres je pourrais enfin rigoler,
Puis les souris enneigées toujours prêtes à jouer,
Sautilleront gaiement sur mes rimes têtues.

par Daubigny publié dans : Ecris
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Dimanche 16 décembre 2007

Cher Père Noël,

Je comptais t’écrire un conte de noël inventé de toutes pièces, imaginer un âtre éteint, un sapin, un traîneau, un fusil, un mélézin, un renne kidnappé et un pépé ombrageux, participer un peu à ta légende retrouvée dans une forêt finlandaise. C’était une historiette bien montée qui aurait amusé les enfants et fait rêver les grands, ou l’inverse. Mais voilà, mes déceptions suivent la lente évolution de mon corps, elles ont grandi avec moi pour accoucher de ton rejet (rejeton ?). Les adultes ne se rendent pas compte, ce matin encore, au travers d’un blog sur lequel je m’exerce au langage des signes, on me demandait d’écrire une lettre au Père Noël.

Quelle ironie ! Moi qui n’ai jamais cru en toi. Quelle crédulité quand seuls les petits ne vois pas derrière tes sourires enrubannés de tissu rouge un emprunt aux clowns grimaçant et tristes des cirques condamnés. D’ailleurs, permets-moi de te dire que dès l’âge de cinq ans, internet te brûle dans l’esprit des petits comme un fétu de paille soudanais (j’ai des bonnes notes en géographie) embrasé au plus fort de l’été.

Oui, le mythe dérape vraiment avec les oripeaux de rueducommerce, ou mieux, de hacheTespépés:pere-noel.fr. Tu nous avais caché ça père Noël ? Du haut de mes huit ans, je n’ai eu qu’à taper perenoel.fr pour tuer l’ancien Dieu Odin reconverti en site marketing pour enfant. Odin devenu ergonome en site web bien pensé pour les chérubins aux parents argentés, quelle rigolade ! Je ne t’aime pas Père Noël. Si tu existes réellement, quelle est cette ironie des petites mains africaines qui crient l’absence de jouets qu’elles ont fabriqués ? Mal venu des grandes étendues scandinaves, as-tu quelques frissons à accueillir dans tes bras les fils brûlant de soleil ?

Je te pose toutes ces questions car avec ta longue barbe de sagesse blanche, tu sauras y répondre.

D’ailleurs je devrais m’arrêter là. STOP. Accepter le silence des mots pour ne pas renier l’étincelle merveilleuse que tu allumes dans les yeux des petits. Tu as raison, oui, il faut les protéger de ton inexistence le plus longtemps possible. D’ailleurs je devrais taire cet acharnement à renier ce qui n’existe pas, mon petit frère m’en voudrait si sa grande sœur était internée dès neuf ans.

Me voyant écrire et ne sachant pas encore déchiffrer les signes curieux que je trace sur le papier blanchi par mon mépris, il souhaite que j’ajoute sa commande à mes vœux.

Bon, et bien voilà, tu auras vécu un peu dans mon cœur finalement... et exaucé le vœu fraternel.

Adieu Père Noël,
Angélique

par Daubigny publié dans : Ecris
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